Réflexions sur la question de l’accessibilité - Marie

Réflexions sur la question de l’accessibilité - Marie

octobre 2017 --- Catégorie : Coup de gueule

Logotype handicapé

Bonjour,

Cette semaine David a abordé le sujet de la difficulté de pouvoir circuler librement même avec des aménagements adaptés. Son article me donne l’occasion de rebondir sur le thème épineux de l’accessibilité. Cette notion intéresse depuis peu la société française. Il est vrai que de plus en plus d’espaces -que ce soit public ou privé- commencent à être aménagés pour les personnes en situation de handicap. Mais s’il ne faut pas nier cette avancée, il reste des obstacles (au sens propre comme au figuré) à franchir.

Premièrement l’accessibilité n’est pas comprises par tout.e.s : Ainsi, j’ai déjà appelé pour savoir si tel lieu était accessible, on m’affirme qu’il l’est et lorsque j’arrive je suis accueillie par des marches à l’entrée ou je découvre un ascenseur de la taille d’un placard à balai. (C’est d’ailleurs durant ces occasions que j’ai pu entendre la magnifique phrase, « non mais il y a qu’une ou deux marches ! ok mais c’est une ou deux marches en trop…).

Deuxièmement l’accessibilité des lieux n’est pas forcément pensée pour tout.e.s les personnes en situation de handicap : par exemple si un endroit est adapté aux personnes à mobilité réduite, il ne le sera pas pour les personnes malentendantes ou malvoyantes.

Mais au-delà du fait d’un manque d’accessibilité totale ou partielle, il y a aussi le problème de comment l’accessibilité est pensée en France. Pour moi, le terme d’accessibilité englobe le fait que les personnes en situation de handicap puissent avoir accès à l’espace, mais qu’elles s’intègrent sans problème au sein de celui-ci. Or j’avoue m’interroger sur cette intégration lorsque je découvre que parfois le chemin qu’on nous réserve est à l’écart, complétement en retrait de la voie habituelle.

J’ai déjà longé un édifice pendant dix minutes avant de rejoindre l’entrée principale juste pour prendre l’ascenseur extérieur et passer par des couloirs peu fréquentés pour atteindre une salle accessible pour les autres en une minute. Certes me direz-vous parfois cette différence est due à la difficulté de rendre accessible les bâtiments. C’est vrai, mais je ne pense pas que l’infrastructure soit la seule explication de ces « passages de l’ombre. »

Il existe toujours une réflexion -inconsciente- que les personnes en situation de handicap peuvent être mises en marge de l’espace publique vis-à-vis des autres personnes. Il y a quelque mois j’avais écrit un article sur mon expérience de jurée et ma déconvenue lorsque je me suis aperçue que la salle réservée au jury n’était pas accessible. La présidente m’avait alors exposé qu’une personne en fauteuil roulant n’aurait qu’à traverser la salle d’audience pour accéder à l’estrade. (Estrade qui était accessible qu’avec des marches…).

Au lieu de réfléchir à comment la personne aurait pu suivre le même parcours que les membres du jury, (ce qui était possible) elle a tout de suite pensé à un autre chemin qui non seulement ne correspondrait pas aux règles d’intégrité dû à la fonction de juré, mais en plus la marginalisant devant toute l’audience.

Cette simple anecdote montre cette tendance a séparé les personnes en situation de handicap des autres personnes.

Il serait donc utile à l’heure actuelle où l’accessibilité devient de plus en plus réelle dans notre environnement de se questionner sur les moyens mis en œuvre afin de mettre un terme à cette exclusion spatiale entre les individus.


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